11/11/2019

Bolivie: Morales annonce sa démission après avoir promis de nouvelles élections


La tension monte en Bolivie, où le président Evo Morales vient d’annoncer sa démission dimanche. «Je renonce à mon poste de président», a déclaré à la télévision le leader indigène de 60 ans, au pouvoir depuis 2006. L’armée et la police venaient de réclamer son départ ce dimanche, alors que le président avait annoncé la tenue de nouvelles élections. Depuis maintenant trois semaines, le pays est en proie à une vague de contestation contre la réélection du président. L’armée avait demandé ce dimanche à Morales de démissionner.

Le chef de l’État avait promis ce dimanche de convoquer une nouvelle élection présidentielle, après la publication d’un rapport de l’Organisation des États américains (OEA), réclamant l’annulation du scrutin contesté du 20 octobre pour cause d’irrégularités. Il avait également annoncé le remplacement des membres de la commission électorale, conformément aux recommandations de l’OEA qui avait recommandé dans un rapport préliminaire, la tenue d’un nouveau scrutin, de «graves» irrégularités ayant entaché celui du 20 octobre.

L’OEA appelle à la tenue de nouvelles élections

Ce rapport a été rédigé sur la base d’un audit de l’élection, qui n’a pas permis d’en vérifier le résultat. «Les manipulations du système informatique sont d’une telle ampleur qu’elles doivent faire l’objet d’une enquête approfondie de la part de l’État bolivien qui doit aller au fond des choses et déterminer la responsabilité de cette grave affaire», disent ses auteurs.
L’OEA juge statistiquement peu probable qu’Evo Morales ait obtenu la marge de 10% nécessaire pour être élu et invite la Bolivie à se doter de nouvelles autorités électorales avant la tenue d’une nouvelle élection. «Le premier tour de l’élection qui s’est déroulé le 20 octobre doit être annulé et le processus électoral doit recommencer. Le premier tour doit avoir lieu dès que de nouvelles conditions apporteront de nouvelles garanties (...), notamment avec une nouvelle instance électorale», avait-elle dit dans un communiqué.
Des vastes manifestations ont débuté à La Paz lorsque le Tribunal électoral suprême (TSE) a interrompu la publication des projections au soir du scrutin, quand un second tour entre Evo Morales et Carlos Mesa, son plus proche adversaire, a semblé se profiler. Le chef de l’État sortant a finalement été proclamé vainqueur avec un peu plus de 10% d’avance sur Carlos Mesa, mais son administration a accepté sous la pression de la rue que l’OEA enquête sur sa réélection.
Le pays est en proie à une vague de contestation depuis trois semaines, contre la réélection du président. JORGE BERNAL/AFP
Les manifestants demandent la démission d’Evo Morales, au pouvoir depuis 2006. DAVID MERCADO/REUTERS

Démission de deux ministres

Malgré l’annonce de la tenue de nouvelles élections, plusieurs dirigeants de l’opposition bolivienne ont appelé Evo Morales à démissionner. «Nous croyons que le président Morales doit prendre cette décision, s’il lui reste une once de patriotisme, il devrait se retirer», a déclaré le centriste Carlos Mesa, candidat malheureux au premier tour de la présidentielle, dont l’Organisation des États américains (OEA) a demandé l’annulation. «Evo Morales a brisé l’ordre constitutionnel et doit démissionner», a quant à lui estimé Luis Fernando Camacho, dirigeant le plus visible et radical de l’opposition, appelant à la formation d’une «commission de gouvernement transitoire», chargée de «convoquer de nouvelles élections d’ici 60 jours maximum».
Le centriste Carlos Mesa, s’est présenté contre Evo Morales au premier tour de la présidentielle. AIZAR RALDES/AFP
La journée s’est poursuivie avec plusieurs démissions dont celle du président de l’Assemblée nationale bolivienne, Victor Borda, dont la maison a été incendiée. «Je renonce à (la présidence de) l’Assemblée (...), pourvu que cela aide à préserver l’intégrité physique de mon frère, qui a été pris en otage» à son domicile de Potosi (sud-ouest), a-t-il déclaré. Le ministre des Mines, César Navarro, a suivi le mouvement en dénonçant l’incendie de sa maison et l’agression de son neveu. Un deuxième membre du gouvernement, le ministre des Hydrocarbures, Luis Alberto Sanchez, a également adressé une lettre de démission à Evo Morales. «Le cours des événements va à l’encontre de mes principes personnels, ainsi que de mes valeurs spirituelles et démocratiques, et donc cela m’empêche de continuer à la tête du portefeuille d’État que je dirige», a-t-il écrit.
Peu de temps après que l’armée lui a demandé de démissionner, Evo Morales a finalement annoncé qu’il quittait ses fonctions de président. À la tête du pays depuis 2006, il entamait son quatrième mandat. Le dirigeant de 60 ans avait jusqu’ici refusé de reconnaître la possibilité de fraudes lors du scrutin du 20 octobre. À tel point qu’il était allé jusqu’à parler vendredi d’un «coup d’État en cours» dans le pays.
Source: Le Figaro

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