En matière d’éducation, nous commettons une erreur d'ingénierie majeure : nous pilotons un système à forte inertie avec les phares à court terme de la politique théâtrale et des classements instantanés comme PISA.
L’école n’est pas une machine à fabriquer des statistiques, c'est l'infrastructure qui génère la société de demain — ses citoyens, ses politiques, ses forces économiques. Les choix pédagogiques d’aujourd’hui ne révèlent leur plein effet que dans 20 ou 30 ans. Le seul véritable indicateur de réussite d'un système éducatif, c'est la santé et le fonctionnement de notre société civile.
Aujourd'hui, le diagnostic est posé : des filières techniques indispensables désertées, des diplômes généraux dévalués par l'illusion du sur-mesure, et la menace d'un « cerveau stationnaire » chez les jeunes face à une Intelligence Artificielle qui mâche l'effort cognitif.
Pour redresser la barre, nous devons sortir l’Éducation nationale du zapping ministériel. Il est urgent de confier le cap à un conseil transpartisan d’experts et de professionnels du réel. Un organe indépendant capable de fixer une trajectoire stable sur 15 ans, sanctuarisant l'effort, la culture générale et la confrontation constructive avec le monde physique. Cessons de réformer à chaque changement de gouvernement ; planifions une génération.