L'extrême droite franchit un nouveau pas dans la violence.


Eric Zemmour franchit un cran dans la violence contre l’islam et le progressisme A la convention de la droite, organisée par les proches de Marion Maréchal, Eric Zemmour voulait faire un discours politique. C’était en fait de la violence à l’état pur.

Le clip vidéo de présentation était déjà angoissant. Mais c’était avant que la foule n’entende Eric Zemmour. Le polémiste préféré de la planète réac était l’invité d’honneur, samedi 28 septembre, de la « Convention de la droite », le grand raout conservateur organisé par les proches de Marion Maréchal. La voix rauque, presque éteinte, Eric Zemmour, la cravate au cou et la chemise repassée, voulait faire un discours politique. Penché sur son pupitre, l’essayiste a évacué la demi-mesure et la nuance. En réalité, ce « héros d’une génération », selon les mots des organisateurs, a fait une déclaration de guerre à l’islam. C’était de la violence à l’état pur.

L’homme n’est pas resté très longtemps après son discours. Et avant d’entrer sur scène, le chroniqueur du « Figaro » et de RTL qui sera bientôt quotidiennement sur CNews savait que LCI allait diffuser en direct, et sans filtre, son intervention. Et quand Eric Zemmour a quitté la scène, son entourage avait compris que cette fois-ci, l’homme avait franchi une frontière. « J’espère qu’il a une armée d’avocats », dit l’un. « C’était trop violent », dit un autre. Eric Zemmour a été condamné définitivement il y a quelques jours pour « provocation à la haine religieuse ».

« On m’avait dit que les gens aimaient les chimères », a commencé Eric Zemmour, la « star » de cette convention, qui s’est donné pour objectif de s’emparer du leadership idéologique de la droite.
« Ah oui, vous êtes nombreux quand même. Je ne m’y attendais pas. On m’avait prévenu. Je n’y croyais pas, tous ces gens qui viennent quand on parle de convention des droites, d’union des droites, de rassemblement de toutes les droites, de rassemblement populaire, et même, qui sait, populiste, d’alliance entre le Rassemblement national et les Républicains, de rassemblement des populistes avec des dissidents de la France insoumise. »

« Franchement, comment ne pas être progressiste ? »

Ils étaient près de 2 000, selon les organisateurs, à s’être déplacés tout au long de la journée pour écouter le chantre du déclinisme français. Ces gens-là avaient-ils un peu d’espoir avant d’arriver ? Pensent-ils qu’en 2022, pour la prochaine présidentielle, la « droite », celle d’Eric Zemmour, allait conquérir le pouvoir ? Il ne fallait pas qu’ils écoutent l’essayiste.
« Vous croyez vraiment que vous allez échapper au second tour entre Marine (Le Pen) et (Emmanuel) Macron et la réélection de Macron ? Ce n’est pas sérieux. »C’est simple, selon Eric Zemmour : « Vous savez que vous êtes en France, et qu’en France on a la droite la plus bête du monde ».
L’homme le plus lu de la droite extrême s’est ensuite évertué définir ce qu’est le « progressisme », puisque c’était censé être le thème de la convention. « Le progrès c’est la grande affaire de notre temps. Comment refuser le progrès ? Comment ne pas louer cette magnifique révolution industrielle qui a permis la boucherie de Verdun ? Comment ne pas louer cette science qui nous a donné la bombe atomique ? Comment ne pas s’extasier devant la sublime révolution française qui a donné la terreur et ces lendemains qui chantent communistes qui ont donné le goulag ? », s’interroge faussement, et ironiquement, le polémiste. « Franchement, comment ne pas être progressiste ? » Et d’enchaîner :
« Le progressisme n’est plus discutable (…) Le patriarcat est mort, les femmes sont libérées de millénaires d’oppression. Les esclaves ont été sortis de leurs fers. Caroline de Haas et Rokhaya Diallo sont reines du monde, c’est quand même autre chose que Bonaparte et Victor Hugo. »

« L’homme blanc hétérosexuel catholique »

« La mondialisation heureuse a fait sortir de centaines de millions de Chinois ou d’Africains de la misère », assure Eric Zemmour. Elle aurait aussi « plongé de centaines de milliers d’Occidentaux dans la pauvreté ». « Après tout, les ouvriers blancs ont bien profité de la colonisation et l’échange inégal, il n’est que justice qu’ils payent ». Alors, pour le chroniqueur « comment ne pas être séduit pas ce vent de liberté qui souffle sur la France ? Comment ne pas approuver toutes ces lois qui sanctionnent la pensée et la parole ? »
Finalement, qu’est-ce que le « progressisme » selon Eric Zemmour ? « Parce que je me suis déplacé et que vous êtes nombreux, je vais quand même essayer de vous aider », assure-t-il. « Progressisme : la religion du progrès. Un millénarisme qui fait de l’individu un dieu, et de ses volontés et de ses caprices, un droit sacré et divin. » Et d’enchaîner :
« Le progressisme est un messianisme, comme le furent le communisme, le fascisme, le nazisme. Le progressisme est une révolution. »Et « tous ceux qui se sentaient à l’étroit dans l’ancienne société régie par le catholicisme et le code civil, à qui on a fait miroiter une libération, les femmes, les jeunes (…) tous ceux qui se sentaient une minorité mal vue par la majorité des mâles blancs hétérosexuels catholiques, tous ceux-là ont été les idiots utiles d’une guerre d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel ». Car, selon Zemmour :
« Le seul ennemi à abattre, c’était l’homme blanc hétérosexuel catholique. Le seul à qui on fait porter le poids du péché mortel de la colonisation, de l’esclavage, de la pédophilie. »Cet « homme blanc hétérosexuel catholique » n’est pas attaqué « parce qu’il est fort » mais parce « qu’il est trop faible ».

« Ils devront se battre pour leur libération »

Ca va même plus loin, selon Eric Zemmour. « Nos progressistes (…) nous ont ramenés à la guerre des races et des religions ». Et puis vient la parole martiale :
« Nous sommes pris entre l’enclume et le marteau de deux universalismes qui écrase nos nations, nos peuples, nos territoires, nos modes de vie, nos cultures. »D’un côté « l’universalisme marchand » des « droits de l’homme » et de l’autre « l’universalisme islamique qui tire profit de notre religion des droits de l’homme pour protéger son opération d’occupation et de colonisation de portions du territoire français ».
« L’universalisme droit-de-l’hommiste nous empêche de nous défendre » et l’Etat français est devenu selon Eric Zemmour « l’arme de destruction de la nation et de l’asservissement de son peuple, du remplacement de son peuple par un autre peuple, une autre civilisation ». Et d’enchaîner :
« En France, comme dans toute l’Europe, tous nos problèmes sont aggravés par l’immigration : école, logement, chômage, déficits sociaux, ordre public, prisons (…) et tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam. C’est la double peine. »« Alors je sais, on va m’accuser d’islamophobie », concède Eric Zemmour, lucide. Un « concept inventé pour interdire la critique de l’islam », chuchote-t-il. Mais « je vous laisse deviner qui seront leurs esclaves et leurs Indiens : c’est vous ». « Nous sommes arrivés aujourd’hui au temps des conséquences, de l’inévitable ». « Pour restaurer l’ordre dans ces quartiers, il faut ramener la France dans ces enclaves étrangères. Nous devons partout remettre à l’honneur le principe de la préférence nationale. »
« La question qui se pose à nous est la suivante : les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ? Si oui, ils méritent leur colonisation, sinon ils devront se battre pour leur libération », affirme le chantre du « grand remplacement », n’hésitant pas à citer l’homme à l’origine de cette théorie complotiste, Renaud Camus. « Bien sûr, nous devons être conservateurs, mais comment conserver puisque tout a été détruit ? (…) Nous devons savoir que la question du peuple français est existentielle », clame Eric Zemmour. Et de conclure, apocalyptique :
« Vous avez raison d’avoir peur, c’est votre vie en tant que peuple qui est en jeu ».

Source: nouvelobs.com par Paul Laubacher Publié le 29 septembre 2019

2 commentaires:

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