28/09/2019

L'éditorial d'Alexis Brézet du Figaro: «Jacques Chirac, un destin typiquement français»

«Je vous aime»: c’est sur ces mots d’une poignante vérité que Jacques Chirac, président de la République, avait, en 2007, pris congé des Français. «Nous vous aimions» : ce sont ces mêmes mots que lui adresse aujourd’hui tout un peuple uni dans la tristesse par-delà ses différences politiques.
Dieu sait pourtant que cet homme, en son temps, fut critiqué - et avec quelle violence! On se souvient du mot de Bernadette Chirac: «Les Français n’aiment pas mon mari.» Aujourd’hui, l’émotion nationale lui apporte un vibrant démenti, trop sincère pour être inscrit au compte de la simple convenance ou de la versatilité.


C’est entendu, le destin politique de Jacques Chirac, tissé de défaites grandioses, d’espoirs déçus et de revanches inespérées, fut plus romanesque que riche de réalisations éclatantes. Dans l’expression de ses convictions, l’homme a souvent montré plus d’énergie que de constance. Mais justement: si Jacques Chirac - sans doute davantage pour ce qu’il fut que pour ce qu’il fit - est aujourd’hui l’objet d’une telle affection, c’est qu’il a, pour ainsi dire instinctivement, épousé les permanences et les contradictions d’un pays qu’il a su incarner, en homme d’État, avec allure et humanité.
Dans le miroir que lui tendait ce grand frère, bienveillant sans être familier, qui parlait dru et se tenait droit, la France se reconnaissait telle qu’elle est, avec ses grandeurs et ses doutes, son panache (le «non» à la guerre en Irak, qui restera, devant l’Histoire, son vrai titre de gloire) et ses prudents calculs ; avec surtout ce scepticisme foncier, qui doute de tout, et notamment de la possibilité de changer le cours des choses. Si les Français, au-delà des apparences, n’ont jamais cessé d’aimer Jacques Chirac, c’est que, dans ses vertus comme dans ses faiblesses, il était profondément français.

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