La sidérurgie française 1945-1979 ; de la révolution industrielle à la faillite et sauvetage par l'indien Mittal

La « faillite » des entreprises sidérurgiques françaises en 1979 avait conduit l’État à en prendre le contrôle à l’initiative du gouvernement de Raymond Barre, avant les nationalisations de la Gauche en 1981. Quatre grandes questions étaient alors posées. Comment des Sociétés, parmi les plus puissantes du pays, avaient-elles pu se laisser acculer banalement à la faillite ? Pourquoi l’État, partie prenante de toutes les grandes décisions depuis la dernière guerre, n’avait-il pu enrayer ce processus et organiser la diversification industrielle des régions sidérurgiques ? Pourquoi les travailleurs avaient-ils été contraints de réagir une fois de plus le dos au mur, alors que depuis 1966 la question de la modernisation et de la restructuration des usines sidérurgiques était posée ?
Est-ce que la prise de contrôle par l’État et les choix industriels faits étaient susceptibles de remettre la sidérurgie sur pied?

Les explications avancées ne manquaient pas : incompétence technique d'un patronat "familial", incohérence des politiques gouvernementales des prix de l'acier, libéralisme de la CECA, recherche du profit maximum, confusion des responsabilités entre l'État et les sociétés sidérurgiques, etc. Aucune d’elles ne rendait compte des contradictions successives dans lesquelles les acteurs concernés, Sociétés sidérurgiques, Industries consommatrices d’acier, travailleurs, syndicats, État, CECA, etc. avaient été placés depuis 1945.

Les travaux antérieurs sur la division du travail conduisaient à émettre l’hypothèse que la sidérurgie française, lorraine en particulier, n’avait pas su réaliser les deux changements de stade de cette division (mécanisation, puis automatisation) dans des conditions économiques et sociales telles que les contradictions que ces changements impliquent soient surmontées. Trois conditions sont en effet nécessaires pour que le passage d’un stade à un autre de la division capitaliste du travail se fasse sans crise : être en mesure de rassembler les capitaux suffisants pour réaliser les investissements considérables qui sont alors nécessaires; faire admettre aux salariés les nouvelles techniques productives et la nouvelle organisation du travail et de la production ; maîtriser enfin le marché, c'est-à-dire maîtriser la filière qui va des fournisseurs aux consommateurs. Lire la suite ici...

1 commentaire:

  1. bonjour, voilà une question qui ne nous rajeunit pas...Le livre m'intimide un peu par son contenu rébarbatif, mais je crois qu'il faut mettre la faillite de la filière sidérurgie dans un contexte qui serait plutôt économique et financier...

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