Après les laborieuses discussions que l’on sait, l’Etat s’est enfin doté d’un budget pour 2026, adopté par l’Assemblée, le 2 février dernier, à la suite de l’engagement de la responsabilité du gouvernement. Le déficit des administrations publiques est annoncé à 5% du PIB, en légère baisse, obtenue par des hausses d’impôts. Pas la moindre trace d’une économie réelle (aucune baisse des dépenses en valeur absolue). Pierre Rosanvallon, historien et
sociologue, est un spécialiste de la démocratie. À ce titre, il
s’intéresse aux relations entre gouvernants et gouvernés, et à la
difficulté pour ces derniers d’être effectivement représentés. Suite ...
La crise dans laquelle est enlisée notre démocratie parlementaire a deux faces. La première, visible, est l’affaiblissement du système politique, pris entre la puissance des extrêmes et la difficulté des partis de gouvernement, partagés en trois blocs, à s’entendre tout en marquant leurs différences. Mais il existe aussi une face cachée de la crise politique : la faiblesse persistante de la démocratie sociale, qui reporte tout le poids des réformes sur des décideurs politiques de moins en moins à même d’assumer seuls cette responsabilité. 


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