Courrier international août 2018 ÉDITORIAL ÉRIC CHOL ÉDITORIAL
T oujours en proie au doute, les philosophes spécialistes de l’histoire fondent leurs théories sur une certitude : les civilisations ne sont jamais statiques. Elles sont toujours en mouvement, soit de façon créative, en affirmant toujours plus vigoureusement leur esprit, soit de façon destructrice, en sombrant dans la décomposition et la dissolution.”
Ainsi débutait en 1928 la critique que le magazine américain
Time consacrait à l’essai polémique de l’historien
Oswald Spengler intitulé Le Déclin de l’Occident, paru en 1918 en Allemagne. Un siècle plus tard, parier sur la décomposition de l’Occident n’a jamais été aussi à la mode. Non sans raison : entre les gesticulations de Donald Trump, l’effacement progressif de l’Europe, la montée de la xénophobie, le triomphalisme de Vladimir Poutine ou les ambitions planétaires de Xi Jinping, le monde de 2018 a perdu sa boussole.