26/02/2021

Thomas Piketty est pour l'annulation de la dette Covid

Ce que Thomas Piketty conseille au gouvernement
L'économiste qui a refusé la Légion d'honneur recommande à l'exécutif de «se consacrer à la relance de la croissance en France». Celui que les Américains surnomment la rock star de l'économie est pour une «révolution fiscale».

«Ils feraient bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe», a lancé Thomas Piketty à l'exécutif au moment de refuser la Légion d'honneur. «Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable», s'est en outre expliqué l'économiste dont le livre «Le Capital au XXIè siècle» s'est déjà vendu à 1,5 million d'exemplaires dans le monde entier.

Le refus de l'économiste, surnommé la rock star de l'économie par le Financial Times , de se laisser décorer par le pouvoir en place n'est pas si surprenant. De fait, alors que Thomas Piketty a été reçu par des conseillers du président Barack Obama, l'accueil de son livre à succès a été beaucoup plus réservé en France, en particulier par le gouvernement. Thomas Piketty a un temps été proche du Parti socialiste. Mais depuis que François Hollande a accédé à la présidence de la République, il a pris ses distance avec l'exécutif. Il se montre même régulièrement très critique sur la politique menée.

Piketty pour une plus grande progressivité de l'impôt

L'économiste déplore que l'exécutif ne soutienne pas davantage la demande, via une politique de relance plus ambitieuse. Mais surtout Thomas Piketty regrette que le gouvernement ait enterré sa promesse de campagne d'une profonde réforme fiscale.

«Ils ont tout faux», avait fustigé Thomas Piketty lors de la création de la taxe à 75% sur les hauts revenus. «On crée une taxe symbolique sur les seuls salaires! Il y a une contradiction dans les termes», avait encore confié l'économiste à L'Obs . En remplacement, le spécialiste prône la mise en place d'un «taux moins élevé, 60% par exemple, sur une assiette large, qui inclurait les revenus de l'épargne».

Plus globalement, l'économiste très écouté sur les questions fiscales et co-auteur d'un projet de réforme générale du système d'imposition, avait milité pour une plus grande progressivité de l'impôt. Dans le rapport «Pour une révolution fiscale, un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle», l'auteur dénonce la «complexité de la fiscalité française» et le fait que «tous prélèvements confondus, les taux d'imposition sont plus élevés pour les ménages les plus modestes et s'abaissent pour les plus riches».

Une taxe exceptionnelle de 15% sur le capital

Ainsi, dans son ouvrage, Thomas Piketty propose de créer une taxe exceptionnelle de 15% sur le capital. Il se dit en outre favorable à une taxation à 80% sur les rémunérations au-dessus 500.000 dollars par an aux États-Unis (pour les faire disparaître). Il conseille également de relancer l'inflation pour diminuer la rentabilité du capital et de renforcer la transparence des transactions bancaires. Mais l'économiste qualifie lui-même certaines propositions d'utopiques, et il a probablement raison.

La thèse centrale défendue par l'économiste est que nos systèmes produisent des inégalités. Explication: la rentabilité du capital est supérieure à la croissance donc ceux qui détiennent du capital s'enrichissent plus vite que ceux dont les revenus proviennent uniquement de leur travail (et dont l'évolution est liée à la croissance). Le capitalisme libéral est donc, selon Thomas Piketty, un système qui, par nature, concentre de plus en plus la fortune entre les mains d'une minorité d'héritier. Une théorie qui pourrait expliquer que pour la 1ère fois dans l'histoire de l'humanité, en 2014, les 85 individus les plus riches de la planète disposent d'autant d'argent que 50% de la population mondiale, soit 3,5 milliards d'individus...

 
 

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