10/01/2021

Suspension du compte Twitter de Donald Trump : "Ça pose tout le problème de la puissance de ces réseaux sociaux géants", selon la Quadrature du net

Selon Benoît Piedallu, membre de la Quadrature du net, la suspension du compte Twitter du président des États-Unis est un exemple de plus de "l'emprise" qu'ont les réseaux géants sur la puissance politique.

La suspension du compte Twitter de Donald Trump "pose tout le problème de la puissance de ces réseaux sociaux géants", estime samedi 9 janvier sur franceinfo un des membres de la Quadrature du net, Benoît Piedallu. S'il estime "normal" de fermer le compte d'un président qui poste des messages "illégaux d'appel à la haine" et de "désinformation", il se demande pourquoi c'est "la décision de patrons d'entreprises privées".

>> RECIT. Entre complotisme et intérêts personnels, la fin de mandat chaotique de Donald Trump

Pour Benoît Piedallu, les réseaux sociaux "tentent de prendre de plus en plus de pouvoir sur le régalien" et "notre personnel politique les laisse faire, voire les encourage". Cet épisode de la suspension du compte Twitter du président des États-Unis est donc pour lui un exemple de plus de "l'emprise" qu'ont les réseaux géants sur la puissance politique.

"Ces dernières années, Facebook a par exemple pris pas mal de pouvoir sur la question de l'identité numérique, ou encore avec ses messages d'alerte attentat, qui devraient plutôt relever du pouvoir régalien."

Benoît Piedallu, membre de la Quadrature du net

à franceinfo

Toutefois, "on ne peut pas en vouloir à ces grandes plateformes, estime Benoît Piedallu, parce que, finalement, notre personnel politique refuse ce pouvoir et refuse de donner plus de moyens à la police et à la justice". Il prend pour exemple le récent débat autour de la loi "Avia" du 24 juin 2020 contre les contenus haineux sur internet. "C'était un transfert d'un pouvoir de police et de justice aux grandes plateformes décidé par le personnel politique, par la députée LREM Laetitia Avia, puis par le gouvernement et Emmanuel Macron."

La proposition de loi "demandait la censure des messages litigieux en moins de 24 heures", rappelle Benoît Piedallu. "Avec plusieurs millions de messages diffusés par minute, c'était mission impossible et ça aurait forcément amené à de la surcensure." Emmanuel Macron a finalement promulgué la loi purgée d'une grande partie de son texte d'origine, jugé contraire à la liberté d'expression par le Conseil constitutionnel.

Benoît Piedallu se demande par ailleurs si, "à 12 jours de la fin du mandat" de Donald Trump, il n'est pas "trop tard" pour suspendre le compte Twitter du président américain qui poste ce genre de messages "depuis plusieurs années et son arrivée à la Maison Blanche."


 

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