16/10/2020

J’aime ma boite ! 15 Octobre fête des entreprises par Sophie de Menthon

 
Une belle leçon d'économie au sens de partages entre des entreprsies, producteurs de biens et de services, et les utilisateurs de ces biens et services par Jean-Marc Sylvestre.
Sophie de Menthon nous invite, comme chaque année maintenant depuis 18 ans, à crier et même à chanter « J’aime ma boite » ! Elle a raison. Il faut les aimer et se battre pour elles pour mieux les protéger. Et finalement, pour les aider à se rendre désirables...
« J’aime ma boite ! » C’est un cri que chaque année, à la même époque (15 Octobre), maintenant, Sophie de Menthon, la présidente du mouvement Ethic nous invite à pousser. Cette année, elle nous invite masquée à le chanter et pas n’importe où. À l’opéra, le temple de la beauté la plus pure. Quelle imagination, quelle audace, quelle énergie.

Alors au début, elle criait un peu dans le vide face à l’indifférence et aux moqueries, mais elle a insisté, elle a raison. Tout commence et tout finit par « l’amour qu’on échange. Les mots et les preuves »... 

Elle a raison, Sophie de Menthon, d’avoir revêtu cette posture vibrionnante pour célébrer l’entreprise parce que d’être aimée, l’entreprise en a besoin et grave comme disent les jeunes.

L’amour transforme et sublime la vie. Mais l’amour protège. Celui qui le donne comme celui ou celle qui le reçoit. Elle et lui en ont besoin

L’entreprise a besoin d’être aimée aujourd‘hui plus qu’hier, parce qu’elle a besoin d’être protégée plus quhier. Mais pour être aimée, il faut être désirable chère Sophie. Beaucoup le sont, mais pas toutes. Pour être aimée, il faut le mériter. Beaucoup le méritent, ne gâchons pas la fête, mais pas toutes.

L’entreprise est un animal bizarre. Pour l’économiste, c’est un lieu où va se combiner des actifs de production pour produire de la richesse. Alors les juristes et les financiers ont amendé le concept mais l’entreprise revient toujours à cette définition de base. 

D’un côté, du capital pour acheter des outils plus ou moins sophistiqués et chers, et de l’autre, des salariés qui apportent leur force de travail (plus ou moins sophistiquée) contre une rémunération. Cette combinaison d’actions doit produire plus de richesses qu’elle n’en a coûtées grâce au client, au consommateur.

Depuis Aristote, qui le premier a conceptualisé ce phénomène, les entreprises ont toujours existé avec un animateur, un géniteur. Le chef d’entreprise. C’est lui qui, comme le chef d’orchestre de l’opéra, va faire que la combinaison fonctionne ou pas. En fonction de la partition qu‘il aura écrite ou faite écrire. Tous les philosophes depuis Aristote ont repris cette définition. Dans l’Antiquité comme au Moyen- Age. Et plus tard, de Adam Smith à Ricardo. De Marx à Schumpeter en passant par Keynes.  

Mais le succès de l’entreprise dépend du génie de son chef qu’il soit inventeur, animateur, de son talent à pressentir les envies et les besoins de ses clients, de son expertise à convaincre ses actionnaires de le suivre dans la prise du risque et de ses salariés qu’il faut embarquer dans une aventure qui n’est pas sans risque, et les fidéliser... Le succès de l’entreprise dépend aussi de son habileté à dompter un écosystème parfois hostile à ses initiatives.

L’entreprise est un lieu de risque. Parce que le risque est facteur de progrès.  Et le principal de ces risques est de ne pas trouver son client. Le génie d’une entreprise, c’est de croitre et apporter en permanence du progrès pour le plus grand nombre. Hors de cette équation, pas de salut.

Alors c’est vrai, l’entreprise a besoin d’être aimée par ses partenaires parce qu’elle a besoin d’être protégée. Aimée et protégée oui, mais pas n’importe comment.

Elle n’a nullement besoin d’être protégée de la concurrence. La concurrence, c’est un de ses moteurs. C’est parce que la concurrence existe qu’elle doit être meilleure en permanence,

Elle n’a pas besoin d’être protégée des syndicats parce que le chef d’entreprise a besoin de contrepouvoirs forts et responsables avec lesquels il trouvera toujours un compromis, parce que l’intérêt profond des salariés est que l’entreprise fonctionne et progresse.  

Elle n’a pas besoin d’être protégée des actionnaires ou des banquiers parce que l’intérêt des apporteurs de capitaux est que ça marche en équilibre.

En revanche, l‘entreprise quelle qu’elle soit, quoi qu’elle fasse et d’où qu’elle vienne, a besoin d’être protégée de plus en plus.

Elle a un besoin urgent d’être protégée de l’Etat d’abord. Parce que l’Etat, investi de la légitimité politique, a légalement la mission de défendre l’intérêt général. Et pour défendre cet intérêt général, il va tisser un faisceau de lois, décrets et règlements administratifs, de normes indéfrichables, il va se doter de fonctionnaires, tatillons et souvent bornés, chargés de réguler, de contrôler et d’interdire.  Et pour payer cette fonction de défendre l’intérêt général, l’Etat va prélever des impôts et des taxes là où les richesses se créent et se fabriquent tous les jours. Dans un pays qui prélève pour financer ses dépenses publiques plus de 60 % des richesses crées (PIB), on a compris que sous le prétexte de satisfaire l’intérêt général, l’Etat en arrive à asphyxier tous ceux qui travaillent à générer de la richesse, c’est à dire les entreprises.

Mais l’entreprise a aussi un besoin urgent d’être protégée de tous ceux qui prônent sa destruction parce quils considèrent que le modèle developpe trop de progrès, trop de consommation, trop de production. Alors tous ceux-là prennent le prétexte de défendre la planète, le climat et l’environnement et clouent au pilori les entreprises qui réussissent. C’est leur combat officiel. Mais en réalité c’est leur alibi pour combattre le système dans lequel on vit et les entreprises qui en sont les agents. Tous les écologistes-zadistes-radicaux n’ont qu’un objectif : stopper la croissance et le progrès sous le prétexte que c’était mieux hier. Alors que depuis Aristote, tous les hommes organisés en entreprises ou pas n’ont eu que pour seul combat, la lutte contre la nature pour vivre mieux ensemble.

L’entreprise aujourd’hui est évidemment confrontée à ce nouveau type d’adversaires qui fustigent le progrès, mais qui ont pourtant besoin d’électricité pour faire marcher leur smartphone, qui s'opposent à la 5G qui seront les premiers à l’utiliser, qui méprisent les vaccins mais revendiquent de façon urgente un traitement contre le Covid.

Alors oui, ma chère Sophie, il faut évidemment aimer sa boite, parce qu’à dire vrai, on n’a pas d’autre choix... Mais encore faut-il que l’entreprise le mérite.  Nicole Notat, l’ancienne secrétaire générale de la CFDT dit toujours (encore aujourd’hui) : il faut que l’entreprise soit désirable.  Pour être désirée et aimée. Elle a raison, elle aussi. Notat, Dementhon même combat !

La majorité des entreprises sait bien que leur équilibre et leur succès dépendent de la satisfaction de leurs actionnaires, elles doivent donc leur apporter du rendement. ; mais les actionnaires et les chefs d’entreprises savent aussi que « la boite » doit tout faire pour satisfaire les collaborateurs salariés (par la rémunération mais pas seulement) pour attirer les meilleurs et les fidéliser. Tout faire pour satisfaire le réseau de fournisseurs et de sous-traitants. Tout faire, y compris assumer les responsabilités sociales et environnementales...

La majorité des entreprises le savent et en parlent ... oui mais faire ce qu’on dit, c’est encore mieux. 

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