
La mesure la plus emblématique du rapport de Louis Gallois est la baisse des charges des entreprises de 30 milliards d'€ pour doper leur compétitivité et baisser le coût du travail. C'est ce qui se voit.
J'applique la méthode de Frédéric Bastiat dans la vitre cassée et "ce qui se voit, ce qui ne se voit pas" et je m'interroge sur ce qui ne se voit pas.
La baisse de 30 milliards des cotisations patronales et salariales, déduites des salaires bruts, ne peut conduire à une hausse des marges des entreprises que si les salaires nets payés restent les mêmes, c'est à dire si les salaires bruts sont diminués. Qu'en diraient les salariés et les syndicats?
Autrement, supposons que les salaires nets augmenteraient de 30 milliards; le pouvoir d'achat n'augmenterait pas de 30 milliards, puisque les salariés devraient payer les produits plus cher en TVA et que leur revenu après impôt diminuerait par une hausse de la CSG.
Autrement encore, supposons que les salaires nets payés resteraient les mêmes; les marges des entreprises augmenteraient de 30 milliards. Qu'en feront-elles? Distribuer plus de dividendes? investir pour accroître la production si le marché et les consommateurs le demandent notamment à l'export? investir pour monter en gamme et vendre plus cher leur production? baisser leur prix de vente pour mieux vendre et accroître leur production?
Autrement enfin, supposons que les salaires nets n'augmenteraient pas; les salariés devraient payer les produits plus chers à cause d'une hausse de TVA, et auraient leur revenu disponible après impôts réduit à cause d'une hausse de CSG. À prix plus élevés et revenus plus faibles correspond, baisse de consommation, donc de production, donc d'emploi. Il faudra attendre que les entreprises, ayant accru leurs marges de 30 milliards, tirent profit de cet avantage et le diffusent dans le corps social.
Comme on le voit, ce n'est pas simple du tout et François Hollande ne donnera probablement pas suite à cette proposition. Mais sait-on jamais, chiche! Le vrai problème c'est la taille de l'État, les dépenses publiques et le coût de l'État providence, dans le contexte européen et de la mondialisation.
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