14/11/2020

Financement libyen: la «colère froide» de Nicolas Sarkozy face à «une ignominie»

Après les rétractations de Ziad Tiakeddine, mercredi soir dans une interview à Paris Match et BFMTV, dans l'affaire d'un prétendu financement libyen de la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a exprimé, vendredi soir sur BFMTV, sa «colère froide dont vous n'imaginez pas la profondeur et la force». L'homme d'affaires franco-libanais avait précédemment accusé Nicolas Sarkozy d'avoir reçu de l'argent libyen pour financer sa campagne présidentielle de 2007. Des accusations qui ont valu à l'ancien chef de l'État d'être mis en examen pour «association de malfaiteurs».

Invité de Ruth Elkrief - l'émission s'est déroulée dans les bureaux de l'ancien chef de l'État à Paris -,

Nicolas Sarkozy a demandé à chaque Français «qu'il ait voté ou pas pour (lui), qu'il (l)aime ou pas» s'il était «normal qu'un ancien président de la République soit traîné dans la boue (comme il l'est) depuis huit ans sur les seules déclarations d'un individu qui a menti et qui vient aujourd'hui dire qu'il a menti».

Se disant «stupéfait», Nicolas Sarkozy, s'est demandé si la France était encore «un État de droit et une démocratie» alors qu'une «une information judiciaire a été ouverte (...) sur la seule foi des allégations de cet individu». Rappelant que c'est sur la base des déclarations de Ziad Tiakeddine qu'une information judiciaire a été engagée à son encontre, Nicolas Sarkozy explique qu'on ne peut pas aujourd'hui lui répondre qu'on ne pourrait «pas croire» les nouvelles déclarations de l'homme d'affaires.

«Lorsque le même individu dit qu'il a menti (...), je demande qu'on fasse le même traitement pour les allégations d'aujourd'hui que pour les allégations d'hier, a réagi Nicolas Sarkozy réclamant un traitement équitable dans la procédure. Quand c'est un ancien président de la République, on enquête sur lui. Si c'est un magistrat, on ne peut pas considérer comme l'a fait le parquet national financier , en 24 heures, «circulez il n'y a rien à voir»». «Le nom de M. Tiakeddine a été évoqué durant mes quatre jours d'interrogatoire 485 fois (...) 98 questions m'ont été posées sur M. Tiakeddine».», affirme Nicolas Sarkozy sur BFMTV. «On ne va pas maintenir venir me dire - parce que ce serait une monstruosité de plus - que c'est un détail ! »

«Est-ce qu'on va enquêter là-dessus ou non?»

Alors que Ziad Tiakeddine vient d'indiquer, il y a deux jours, que ses accusations antérieures «étaient fausses», Nicolas Sarkozy demande que l'enquête se penche aussi sur cet homme d'affaires. «Je ne comprends pas qu'un homme condamné à 5 ans de prison (...) puisse garder son passeport, puisse quitter le territoire national sans que personne ne lui demande des comptes», a fait valoir Nicolas Sarkozy. «Pourquoi a-t-il gardé son passeport, pourquoi a-t-il pu se réfugier au Liban ? Pourquoi les journalistes de Paris Match ont plus de facilités à retrouver M. Tiakeddine que la justice française ? Pourquoi M. Tiakeddine vient-il mettre en cause un magistrat [le juge Tournaire, NDLR]», s'est interrogé Nicolas Sarkozy. «Est-ce qu'on va enquêter là-dessus ou non?», a-t-il rebondi.

Devant Ruth Elkrief qui lui demandait s'il croyait qu'un juge pouvait avoir «fait un marché» avec Ziad Tiakeddine, Nicolas Sarkozy, déterminé à se défendre «et à aller jusqu'au bout pour démasquer ceux qui sont derrière ces manipulations», a rétorqué par une autre question. «Est-ce que vous pensez sincèrement qu'un ancien président de la République puisse avoir fait un marché avec un personnage comme M. Tiakeddine? Suis-je moins respectable qu'un juge ?», s'est indigné Nicolas Sarkozy. «L'État de droit, c'est que personne n'est en dessous de la loi, personne n'est au-dessus de la loi», a-t-il rappelé, offensif.

«C'est une ignominie»

Fan de séries à la télévision, Nicolas Sarkozy a estimé qu'on trouverait «le scénario invraisemblable» si cette affaire était une fiction. «Ça ne me fait pas sourire malheureusement parce que c'est grave. Pas simplement pour moi, pas simplement pour ma famille, pas simplement pour ceux qui ont cru en moi, mais pour la France qui donne le sentiment que son ancien chef de l'Etat pouvait être un corrompu, c'est une ignominie», a appuyé Nicolas Sarkozy.

Si Nicolas Sarkozy a répété à plusieurs reprises «ne rien demander», il souhaite que les Français soient «juges de cette affaire pitoyable» qui a duré pendant huit années. «Ce dossier n'est truffé que de faux», assure Nicolas Sarkozy, «mais à chaque fois qu'il y a un faux ou un élément comme M. Tiakkedine, on me dit '«ce n'est pas grave il y a encore autre chose!' Jusqu'à quand ?», s'est offusqué l'ex-chef de l'État. «Jusqu'à quand va-t-on mobiliser l'argent du contribuable pour à toute force vouloir de démontrer que je suis corrompu ?», s'est indigné Nicolas Sarkozy.

«Cherchez pendant un siècle si vous voulez, vous ne trouverez rien!»

«J'ai dit au juge : «cherchez pendant un siècle si vous voulez, vous ne trouverez rien!», a-t-il raconté sur BFMTV. «Vous savez pourquoi ? Parce qu'il n'y a rien à trouver! » Rappelant qu'il avait apporté les éléments pour répondre aux accusations, des «monstruosités», Nicolas Sarkozy, qui a rappelé que son casier judiciaire était vierge, a indiqué que les allégations «ne reposaient sur rien! (...) Il n'y a pas l'ombre d'un virement (...) Ils n'ont rien ! (...) C'est un désastre». «On est chez les fous!», a répété Nicolas Sarkozy, «j'ai honte pour mon pays». «J'irai au bout pour prouver que j'ai toujours dit la vérité», a martelé Nicolas Sarkozy en se disant «combatif».

«Je n'ai pas l'intention qu'on me reproche des choses que je n'ai pas commises. Les Français doivent le savoir (...) je ne suis pas un pourri. Et ce qui m'est infligé est un scandale qui restera dans les annales. La vérité finit toujours par triompher», a conclu, d'une voix calme mais déterminée, Nicolas Sarkozy.

À VOIR AUSSI - La justice s'acharne-t-elle contre Nicolas Sarkozy ?

 Source Figaro Vox par Marion Mourgue

Marion Mourgue
Marion Mourgue

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