16/10/2020

Couvre-feu : "Ces nouvelles mesures sont un aveu d’échec" pour le Dr Jérôme Marty - ladepeche.fr

A la suite des nouvelles mesures annoncées ce mercredi soir par Emmanuel Macron, Jérôme Marty, médecin généraliste en Haute-Garonne et président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), réagit et juge ces annonces 

Que pensez-vous des mesures annoncées hier par Emmanuel Macron ?

Il n’y a pas de surprises, on s’attendait à ces annonces. En revanche, c’est à se demander si le président de la République est bien renseigné. Nous savons que les lieux de rassemblements familiaux ne concentrent que 16,7 % des contaminations. Nous savons aussi que les écoles, les universités ou les entreprises sont, elles, par contre, des foyers épidémiques importants, contrairement à ce que le Président a déclaré ce soir (hier soir). Il décide d’agir de manière forte sur les loisirs, la fête, c’est un moyen de marquer le coup. Une mesure choc pour secouer les Français. En réalité, on comprend que ces couvre-feux sont l’étape ultime avant le reconfinement général. Il est vrai que de réduire à moins de 6 personnes les rassemblements peut aussi jouer sur le nombre de contaminés. Ils l’ont fait en Belgique en appelant cela « la bulle sociale ». Discrètement, cela veut aussi dire que si dans les prochaines semaines, nous n’avons pas de bons résultats, on se dirige vers un reconfinement général.

La mise en place d’un couvre-feu ne va donc rien changer?

On ne peut pas dire que c’est inutile, cela va sans nul doute faire baisser la courbe du nombre de personnes contaminées. Par contre, en prenant ce type de mesures, on rejette la faute sur les Français, en leur disant, en gros, que l’échec face au coronavirus est de leur responsabilité. Selon moi, avec ce genre de mesures, on ne va pas chercher le virus au bon endroit. Dès qu’il y aura de nouveau un relâchement, les contaminations repartiront en flèche. Au final, on ne résout rien. Annoncer de nouvelles mesures, plusieurs mois après l’apparition de l’épidémie, c’est un aveu d’échec. 

Que faut-il faire pour agir efficacement?

Comme en Allemagne, il faut cibler les groupes à risques sans attendre les premiers contaminés. Il est nécessaire d’être dans le préventif. Il faut savoir que 10 % des cas positifs contaminent 90 % de la population. C’est à ce niveau-là qu’il faut agir. Il faut aussi agir sur cette politique des tests. Aujourd’hui, c’est une véritable catastrophe, il y a presque trois jours de délai pour obtenir les résultats. Certes, Emmanuel Macron a annoncé l’arrivée des tests antigéniques, mais combien? Il faut les rendre disponibles au bon endroit, c’est-à-dire dans les cabinets médicaux, équiper les infirmières…

 

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