13/11/2020

On aimerait que l'État fût aussi implacable pour combattre le terrorisme qu'il l'est pour faire respecter le confinement.

Jeudi 29 octobre, dans la matinée, un artisan sirotant son café au zinc d'un bistrot ironisait devant les images de BFM TV : « C'est pour le Covid qu'il reconfine, Macron, ou par peur des islamistes ? » Flambée de la pandémie, d'un côté, explosion de la violence islamiste, de l'autre : l'État est pris sous le feu nourri d'une double menace.

Si les Français se résignent, selon les premiers sondages, à cette nouvelle mise sous cloche (à confirmer cependant dans les prochains jours…), ils ne comprennent pas pourquoi une telle mobilisation de forces de l'ordre pour faire respecter le confinement alors qu'un autre danger les attend à l'école, à l'église ou pendant leurs courses : le terrorisme.

On aimerait que l'État fût aussi tatillon et implacable avec les égorgeurs et les prédicateurs de haine qu'avec le confiné sorti prendre l'air en ayant omis de remplir son attestation de déplacement ou le commerçant ne se résignant pas à baisser son rideau. On aimerait qu'il fût aussi impitoyable avec les « Loups gris » d'Erdogan qui pourchassent les Français d'origine arménienne dans la banlieue de Lyon et à Dijon qu'avec la dame promenant son chien après le couvre-feu.

Face au terrorisme, les Français sont résilients

Quand il veut « emmerder » les Français, l'État est le premier de la classe. Il se plaint de l'indiscipline de nos compatriotes ? Mais il les encourage par son omnipotence. Quand on ne fait pas confiance, on récolte de la défiance ou de l'inconséquence. Face au terrorisme qui les frappe depuis cinq ans, les Français se montrent particulièrement responsables et résilients. Pensez-vous que l'État sermonneur les aurait félicités ?

À lire aussi Attentats : les Français font l'admiration du monde

Notre Léviathan continue à déployer toute son imagination sans bornes pour leur compliquer la vie. Il invente des règlements, des normes, envoie ses représentants les plus zélés pour faire rendre gorge au contribuable étourdi ou au petit patron débordé. Qu'il emploie cet esprit inquisitorial pour rendre impossible la vie des islamistes et de leurs soutiens. Après tout, on sait tuer une PME avec un contrôle fiscal : on doit bien pouvoir fermer une mosquée radicale ou renvoyer dans son pays un islamiste fiché ?

« Il faut terroriser les terroristes ! » disait Charles Pasqua. Chiche ! Rêvons un peu ! Imaginons que, durant quelques mois, tous les beaux esprits de ce pays qui savent produire (c'est un art national) des idées d'interdictions, de restrictions, de taxes ou toute autre contrainte mettent leur talent au service de la lutte contre le terrorisme islamiste.

En finir avec « l'état d'impuissance »

Détachons-les pour accomplir cette mission de salubrité publique. Madame Pompili, notre ministre de la Transition écologique et solidaire, qui a des idées lumineuses pour interdire la réclame de certains produits au nom du réchauffement climatique, doit certainement en avoir contre la propagande djihadiste. Et Cédric O, notre secrétaire d'État au Numérique, a bien une idée d'application StopTousAntiDjihadisme dans ses tiroirs… Il ne s'agit pas de bafouer l'État de droit, mais d'en finir avec « l'état d'impuissance », comme le dit Marcel Gauchet.

Soyons pour une fois modestes : apprenons des pays qui ont eu à combattre le fléau du terrorisme islamiste. Mettons nos têtes bien pleines autour d'une table ou, si ce n'est plus autorisé, organisons un vaste webinaire (séminaire en ligne). À tous posons-leur la même question : Quelles contraintes pourriez-vous inventer pour rendre la vie des islamistes invivable ? Et dissuader tous ceux qui seraient tentés de les soutenir ?

« Il ne faut pas d'État hors de sa sphère, écrivait Benjamin Constant, mais dans cette sphère, il ne saurait en exister trop. » L'État français devrait s'employer à une tâche salutaire : défendre les Français contre cette barbarie.

 

 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Tout peut être écrit et publié mais dans le respect de la liberté de penser de chacun et la courtoisie. Les commentaires sont modérés. Je me réserve de supprimer tout commentaire indésirable selon les critères énoncés ci-après: propos racistes, attaques et invectives personnelles.