Wednesday, July 26, 2017

Légère baisse du chômage en juin... mais est ce une tendance lourde?

Chômage : "Sans activité, on ne crée pas d'emploi. Ou alors de la précarité..."


Les premiers chiffres du quinquennat Macron sont tombés ce mardi soir. Résultat : le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a baissé de 0.3% (soit 10.900 demandeurs) au mois de juin. Une légère embellie pour le jeune gouvernement mais qui reste à nuancer, estime Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). 
Après une hausse au mois de mai, les chiffres du chômage baissent en juin. Les indicateurs sont optimistes (croissance à la hausse, record d'embauches...). Peut-on y voir une reprise du marché de l'emploi ?

Il ne faut trop s'avancer. Ces chiffres restent un point noir. On observe bien une baisse du nombre de demandeurs d'emploi sur le mois de juin, mais elle reste faible. Elle ne corrige même pas la hausse du mois de mai. Lorsqu'on regarde les chiffres de ces derniers mois, on voit bien qu'il n'y a pas de tendance nette, seulement des oscillations. Les chiffres du chômage ont été particulièrement élevés à la fin d'année 2015. Puis, ils ont progressivement chuté jusqu'en septembre 2016. Mais depuis, les chiffres stagnent.
Pourtant, les indicateurs économiques se montrent positifs...
Merci, votre inscription a bien été prise en compte.
Oui, la croissance repart à la hausse et les créations d'emplois sont considérables. Selon les chiffres de l'Insee, 285.000 emplois ont été créés sur les quatre derniers trimestres. La dynamique touche aussi l'investissement. On devrait logiquement observer une baisse du chômage mais on ne la retrouve pas dans les chiffres de Pôle Emploi... Tout d'abord parce que cette statistique est un indicateur fragile. Elle ne livre pas une image exhaustive du marché du travail.
Muriel Pénicaud avait d'ailleurs annoncé qu'elle ne réagirait plus aux chiffres mensuels de Pôle Emploi car selon elle, l'indicateur "ne reflète pas bien l'évolution du marché du travail". Vous êtes donc d'accord ?
Oui je comprends sa réaction. Cette statistique ne dit rien sur les créations d'emploi, très peu sur l'évolution de la population active. De plus, son système de catégorie (A,B,C,D,E) peut aussi porter à confusion, avec ses effets de basculements. En tant qu'économiste, on regarde bien sûr les chiffres mensuels de Pole Emploi, mais on accorde aussi de l'importance à ceux trimestriels de l'Insee qui permettent de livrer une tendance plus large.
Ainsi, cette baisse (légère) du chômage ne reflète pas un éventuel "effet Macron" ?
Il est beaucoup trop tôt pour parler d'un effet Macron ! Non, ces résultats sont l'héritage du quinquennat Hollande. On peut dire que les différentes mesures fiscales (pacte de responsabilité, CICE, prime à l'embauche...) mises en place par l'ancien président ont finalement porté leurs fruits. Quant à savoir si le "changement Macron" a pu avoir un effet sur les entreprises, je ne le pense pas. L'effet psychologique joue plus qu'à la marge dans ce domaine.
La réforme du Code du Travail pourrait-elle influer sur la baisse du chômage ?
Il faut déjà voir précisément le contenu de cette réforme. Mais dans les faits, la flexibilité peut davantage jouer sur la répartition de la création d'emploi, que sur sa création même. La question se pose différemment : si on rend le CDI plus flexible, va-t-on créer encore beaucoup de CDD ? Dans le passé, on a vu que les politiques monétaires, fiscales ou menées à l'échelle européenne ont bien plus d'impact sur la création d'emploi que la flexibilité. Le seul critère reste l'activité : sans elle, on ne crée pas d'emploi. Ou alors de la précarité...
Propos rapportés par Marie Campistron
Source: tempsreel.nouvelobs.com Marie Campistron

Plus: Toute l'actualité baisse du chômage en juin 2017

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