Comme d'habitude Jacques Attali ne suscite pas un large consensus. Mais la question: est ce que pour progresser, la démocratie c'est mieux ou l'autocratie, est effectivement à poser. Au vu de l'histoire récente cad. depuis la fin de la 2è guerre mondiale, ces régimes ont donné des résultats analogues; Thailande, Indonésie, Corée du Sud, Singapour, Malaisie, Chine aujourd'hui, sont des régimes autocratiques de commande et de contrôle de la société et de l'économie, qui imposent mais obtiennent l'accord de leur population; ces régimes formulent et mènent les réformes our obtenir les meilleurs résultats en fonction des objectifs fixés. Les démocraties fonctionnent aussi avec plus ou moins de succès, à l'aune de la réussite économique et sociale - États-Unis, Grande Bretagne, Inde, pays scandinaves, Allemagne et Japon depuis 1945 seulement - et France mais notre histoire est hybride de ce point de vue, comme celle de l'Allemagne.
Des études d'universitaires américains suggèrent que démocraties et autocraties performent de manière équivalente avec une légère préférence pour la démocratie. Je pense que l'autocratie fonctionne bien quand il s'agit de développer le pays, à partir d'un faible niveau de PIB/habitant, par des infrastructures nécessaires pour amener les produits aux consommateurs, des infrastructures de communication, de production d'énergie... tous éléments qui nécessitent des investissements et de l'épargne et qui se traduisent par des taux de croissance élévés sur une période assez longue; c'est ainsi qu'on atteint la prospérité du plus grand nombre en PIB/habitant et l'émergence d'une classe moyenne. Mais après un certain temps, au delà d'un seuil de production exprimée en PIB, un taux de croissance élevé est de plus en plus difficile à maintenir; la croissance devient alors plus faible et l'accent de la politique passe de la croissance de la production à sa distribution. Car une croissance élevée s'accompagne généralement par des demandes d'augmentations de salaires et des inégalités de revenus. Les politiques doivent alors répondre à ces problèmes pour maintenir la cohésion sociale et l'acceptabilité de leurs choix par la population. La Chine va probablement entrer dans une période de ralentissement et de maturation de son économie, sans oublier les contraintes environnementales; de nombreux indices suggèrent que les dirigeants Chinois tentent de répondre aux désirs de leur population ce qui va impliquer des réformes nouvelles à l'instar de celles que la Chine a mises en oeuvre avec tant de succès depuis la fin des années 1970.
Il paraît évident que la croissance à deux chiffres de la Chine ne peut pas se poursuivre très longtemps, car ayant atteint un niveau de production équivalent au quart de la production mondiale, un tel taux de croissance impliquerait une ponction de ressources globales de la planète - pétrole, fer et métaux non ferreux, qui deviendrait intenable.
Je suggère la lecture du livre de Ruchir Sharma "Breakout Nations", notamment le chapitre 2 sur la Chine et le chapitre 3 sur l'Inde.
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Comme d'habitude Jacques Attali ne suscite pas un large consensus. Mais la question: est ce que pour progresser, la démocratie c'est mieux ou l'autocratie, est effectivement à poser. Au vu de l'histoire récente cad. depuis la fin de la 2è guerre mondiale, ces régimes ont donné des résultats analogues; Thailande, Indonésie, Corée du Sud, Singapour, Malaisie, Chine aujourd'hui, sont des régimes autocratiques de commande et de contrôle de la société et de l'économie, qui imposent mais obtiennent l'accord de leur population; ces régimes formulent et mènent les réformes our obtenir les meilleurs résultats en fonction des objectifs fixés. Les démocraties fonctionnent aussi avec plus ou moins de succès, à l'aune de la réussite économique et sociale - États-Unis, Grande Bretagne, Inde, pays scandinaves, Allemagne et Japon depuis 1945 seulement - et France mais notre histoire est hybride de ce point de vue, comme celle de l'Allemagne.
ReplyDeleteDes études d'universitaires américains suggèrent que démocraties et autocraties performent de manière équivalente avec une légère préférence pour la démocratie. Je pense que l'autocratie fonctionne bien quand il s'agit de développer le pays, à partir d'un faible niveau de PIB/habitant, par des infrastructures nécessaires pour amener les produits aux consommateurs, des infrastructures de communication, de production d'énergie... tous éléments qui nécessitent des investissements et de l'épargne et qui se traduisent par des taux de croissance élévés sur une période assez longue; c'est ainsi qu'on atteint la prospérité du plus grand nombre en PIB/habitant et l'émergence d'une classe moyenne. Mais après un certain temps, au delà d'un seuil de production exprimée en PIB, un taux de croissance élevé est de plus en plus difficile à maintenir; la croissance devient alors plus faible et l'accent de la politique passe de la croissance de la production à sa distribution. Car une croissance élevée s'accompagne généralement par des demandes d'augmentations de salaires et des inégalités de revenus. Les politiques doivent alors répondre à ces problèmes pour maintenir la cohésion sociale et l'acceptabilité de leurs choix par la population. La Chine va probablement entrer dans une période de ralentissement et de maturation de son économie, sans oublier les contraintes environnementales; de nombreux indices suggèrent que les dirigeants Chinois tentent de répondre aux désirs de leur population ce qui va impliquer des réformes nouvelles à l'instar de celles que la Chine a mises en oeuvre avec tant de succès depuis la fin des années 1970.
Il paraît évident que la croissance à deux chiffres de la Chine ne peut pas se poursuivre très longtemps, car ayant atteint un niveau de production équivalent au quart de la production mondiale, un tel taux de croissance impliquerait une ponction de ressources globales de la planète - pétrole, fer et métaux non ferreux, qui deviendrait intenable.
Je suggère la lecture du livre de Ruchir Sharma "Breakout Nations", notamment le chapitre 2 sur la Chine et le chapitre 3 sur l'Inde.